La traversée du Canada est un rêve que je concocte depuis maintenant quatre ans. À compter du 2 juillet, je vais entamer ce défi en vélo. Près de 8000 km d’un océan à l’autre, soit la plus grande distance en vélo au monde dans un même pays.

Avec trois autres maniaques de vélo, nous avons débuté l’étude de la logistique et organisation d’un tel voyage à l’automne 2008. Quelques mois plus tard, nous apprenions que Vélo Québec était à planifier un tel voyage pour l’année 2010. Une première chez cette organisation très professionnelle. Ayant déjà roulé avec eux à six occasions au travers des plus beaux cols de l’Europe, nous avons donc opté pour la valeur sûre et décidé de réaliser cette aventure avec cette même organisation.

Je me fais un devoir auprès de tous ceux qui se sont ralliés à ma cause du Parkinson de vous tenir informé avant et durant ce périple.

Je ferme la boucle

22 décembre

Voilà le temps de terminé ce blog par l’accomplissement de mes deux objectifs.

Le 9 novembre, lors d’une séance d’information mensuelle pour le Parkinson, j’ai remis de façon officielle à la société Parkinson de Québec l’ensemble de la somme accumulée. D’autant plus satisfait car j’ai reçu la confirmation du bureau de Parkinson Canada à Toronto, que cette somme amassée sera distribué à des chercheurs de la région de Québec.

Ce fut ma première allocution devant un groupe depuis mon retour. En un peu plus de cinq minutes j’ai fait un bref résumé de ma motivation d’effectué un périple semblable et comment j’en suis venu à relié ce rêve à la cause du Parkinson.  Jai eu à répondre à quelques questions et eu droit à un chaud applaudissement. J’ai senti dans le regard de ces gens un autre signe d’espoir, un remerciement incommensurable. Ces gens vive d’espoir et s’ont d’une gratitude épouvantable. Derrière ces gens atteints de la maladie, plusieurs ont fait beaucoup plus que moi dans leur vie et m’en ont parlé avec fierté et évidemment avec nostalgie.  

Bien que ce don ait une TRÈS grande signification pour tous ces gens, le fait de traversée le Canada en vélo aurait été un fait bien futile parmi tant d’autre sans l’appui et contribution qui a été faite par L’ENSEMBLE DE MES DONNATEURS. Ma motivation était au prorata des appuis de mes donateurs. Voyant tout ces regards remplis de merci, je fus autant comblé que le moment ou j’ai mis les pieds dans l’Atlantique. Aider notre prochain nous soulève et c’est très bien comme ça.

Quelle belle coïncidence pour célébrer ces deux événements car le week end suivant il y avait retrouvaille des mousquetaires. Camaraderie, rire et joie ont remplie ces deux jours en se remémorant certaines anecdotes de cet été. Bien évidemment, des projets de nouvelles escapades potentielles furent discutés pour 2012.

L’enthousiasme de l’équipe de recherche

27 septembre

Pour une deuxième fois depuis que Dany a reçu son diagnostic du Parkinson, nous avons été accueillies en privé par l’équipe de recherche de Francesca Cichetti du Centre Hospitalier de l’Université Laval. D’abord, j’ai été impressionné par leur professionnalisme, mais également par leur niveau de connaissance élevé malgré leur jeunesse, du moins d’apparence. Dieu du ciel, où ont-ils pris le temps pour obtenir tous ces diplômes de doctorat ou postdoc. Ça fait curieux de se retrouver entouré de jeune savant possédant tant de connaissances sur un même sujet.

Chacun y a été de son exposé nous informant de la teneur de leur recherche avec ses buts et raisons le tout appuyé d’un PowerPoint pour nous aider à comprendre.

Tour à tour il y a eu présentation et bien sûr, ceux qui connaissent Dany ne seront pas étonnés du fait qu’elle a gardé la parole autant qu’eux. Pendant qu’elle parlait de son cheminement au travers de la maladie avec ses signes avant-coureurs et symptômes avec ou sans médicaments, je remarquais tout les chercheurs être toute ouïe et l’écouter avec une attention très particulière. Ils m’ont tous démontré être intéressés par l’humain, la personne et ses émotions. Je présume que plus ils connaissent les états d’âme de personnes touchées par cette maladie, plus cela les aides à mieux humanisé leur recherche tout en ayant une motivation réelle à leur travail. Comme plusieurs, j’ai le réflexe de croire que les chercheurs sont des ermites et emmurés dans leur laboratoire à jouer avec des souris. Bien au contraire, loin d’être des robots, à leur tour ils aiment être en contact avec les gens et connaître davantage sur eux et cette maladie. 

Malgré un horaire hyper chargé de cette équipe, nous avons eu droit à une attention particulière. Une rencontre de trois heures et demie ou nous nous sommes sentis privilégier d’être à l’avant-plan de toutes ces recherches et entouré de ces supers diplômés, que trop souvent, je crois à tort qu’ils sont inaccessibles. Bien au contraire, eux de même semblent avoir apprécié d’avoir eu un témoignage d’une personne atteinte de cette maladie. Ce fut une rencontre des plus enrichissantes. En plus, tout cela ce passe actuellement dans un laboratoire dans notre région. J’ai toujours l’impression que les plus grandes inventions se font de l’autre coté de la terre, mais pas cette fois-ci. Ce fut un moment tout à fait fantastique qui nous a fait miroiter que du meilleur pour l’avenir à ceux atteints de cette maladie.

Merci à toute l’équipe composée de chercheurs venant de cinq pays différents. Merci à Francesca, qui sans elle nous n’aurions pu obtenir ce privilège. Bravo à toute l’équipe pour vos efforts soutenus.

Un mot de Dany

19 septembre

C’est à mon tour de vous dire merci!

Bonjour à vous tous amis, famille, collègues et tous les commanditaires qui ont donné généreusement à la cause du Parkinson.

J’ai suivi comme vous tous, le périple de Jean cet été au travers de son blog. Je lui lève mon chapeau et je félicite sa grande persévérance. Comme vous le savez, c’est un homme qui aime relever des défis. Dans la vie il y a des défis que l’on choisit et d’autres qui arrivent un peu par surprise!

Mon défi à moi, c’est de vivre le plus longtemps possible en santé. Pour ce faire, je dois m’occuper de moi et m’assurer que je mets toutes les chances de mon coté. Je crois que je comprends mieux la vie présentement. Je dois faire attention, mais je choisis aussi de vivre pleinement en savourant chaque minute qui passe.

Je crois en la recherche et je crois en moi, donc ça donne un beau mélange.

Aujourd’hui, je me veux la porte-parole pour mes consœurs et confrères qui sont atteints du Parkinson. Votre geste de générosité fera avancer la recherche et je suis certaine que nous allons en voir les résultats dans les prochaines années.

Mille mercis à tous!

Bravo pour votre générosité et votre appui!

Je vous embrasse, Dany xx

merci à tous les commanditaires

18 septembre

Voilà mon deuxième objectif atteint. Plus de 25,000 dollars amassés pour la recherche sur le Parkinson. J’en suis autant fier que celui d’avoir traversé tout le pays au complet. Cela représente plus de 3,00$ par kilomètre parcouru en vélo. Cette seule pensée était parfois ma motivation lors des journées plus difficiles. Je suis très fier d’avoir été l’élément initiateur et ainsi faire ma contribution à la société et au bien-être de plusieurs personnes atteintes de cette maladie. Vive la recherche.

« Dans la prochaine décennie, les plus grandes découvertes en médecine seront celles reliées au cerveau humain et de son fonctionnement ».  C’est la phrase la plus commune que j’entends de mes copains médecins lorsque nous discutons de recherche.

Cet objectif atteint est grâce à vous tous qui m’avez appuyé et cru dans mon projet de traversée du Canada. JE VOUS DIS UN ÉNORME MERCI.

Non seulement mon engagement face à mes commanditaires était de vous écrire une page de blog par jour, mais j’avais également pris la résolution de remercier personnellement chacun de vous sans exception. Malheureusement, je n’ai pu le faire à 100% car certains commanditaires ont préféré demeurer anonymes et pour d’autres, vous m’êtes inconnus et je n’ai aucune de vos coordonnés. Donc, je profite de cette page pour vous dire merci pour votre appui, sans exception.

Mon premier objectif de traversée le Canada me revenait entièrement et sauf accident, je savais qu’avec ma tête dure, j’y arriverais. Par contre, pour ce deuxième objectif sur lequel je n’avais aucun contrôle, il fut atteint grâce à vous tous mes chers commanditaires. Mille Mercis.

Encore la fête. Avec l’initiative des frères à Guy, nous avons eu droit à une soirée surprise ou famille de Guy ainsi qu’amis et connaissances du village de St-Antoine sont venus nous rendre un fier hommage à la traversée du Canada en vélo que nous avons réalisé. Comme toute aventure professionnelle ou sportive, une fois réalisée nous avons tendance à dire que ce n’était pas si pire que cela. Les bobos ou embûches sont rapidement oubliés ou amoindris avec le temps. Je demeure étonné de voir certaines personnes nous voir comme des gens qui ont fait un exploit quasiment inatteignable. Par contre, avec un pas de recul, il est vrai qu’à y songer, ce ne fut pas toujours facile et que de réaliser ce genre d’exploit n’est pas donner à tous. Plusieurs aimeraient réaliser une expédition semblable, mais par manque de disponibilité, d’appui de la famille ou de l’employeur, de santé ou pécuniaire, je comprends que ce genre de projet ne peut être accessible à tous. En plus d’avoir tous ces éléments réunis, il faut en plus être entêté et persévérant. Qualité ou défaut, j’ai au moins ces deux atouts supplémentaires qui m’ont permis de me rendre au bout.

Famille de musicien, Guy a renoué à la guitare pour jouer quelques morceaux de musique avec ses frères. Malgré ses 70 jours d’absence à faire du vélo, notre cher Guy n’a rien perdu de sa dextérité et a joué comme un virtuose pendant que les dames étaient sur le plancher de danse. Bravo Guy.

Merci à Michel Lafleur et ses frères pour l’organisation ainsi qu’à tous ceux présents et qu’il a été bon de rencontrer. Merci à tous pour votre soutien financier au Parkinson.

acceuil de retour chaleureux

12 septembre

En ce dimanche, c’est déjà le retour à la maison. Vol avec escale à Montréal, nous sommes arrivés à l’aéroport de Québec avec surprise. Plusieurs de la famille ainsi que des amis de Guy et moi nous attendaient avec chanson, applaudissement, banderoles, ballons et photos. Tout comme l’accueil dont nous avons eu droit à Montréal, encore une fois, cela fait grandement plaisir et chaud au cœur. Merci à tous dont certains s’étant déplacés de loin. C’est grandement apprécié.

Que dire de plus. Je me rends bien compte que tout au long du parcours jusqu’à la toute fin j’ai été appuyé surtout par la famille de prêt ou de loin, mais également par des amis, connaissances, compagnons de travail et des gens que je ne connais même pas mais qui me suivais par l’entremise du blog. Ce soutien fantastique m’a permis d’outrepasser les moments un peu plus difficiles, merci à tous.

St John’s

11 septembre

Enfin, quelques jours de repos bien à moi en cette fin de voyage depuis le 26 août. Ça va faire du bien. En forme, mais fatigué. Plus de 2300 km en 15 jours consécutifs sans arrêt, voilà deux autres records personnels dans cette longue expédition. Fier d’avoir atteint l’objectif premier, je m’aperçois qu’avec un léger recul, qu’il est normal d’y avoir accumulé différents records tout au long du périple. Je ne les compte plus et ce n’est pas trop important. À vrai dire, je n’ai pas fait cette traversée dans le but d’accumuler les records, mais avant tout d’atteindre mon objectif. J’ai quand même une préférence pour mon record de vitesse.

Vendredi, en cette première journée de congé, nous avons profité de la pluie pour aller visité une brasserie indépendante qui n’existe que depuis 1996 et qui a déjà gagné deux prix important au festival mondial de la bière à Chicago. J’ai été surpris que dans ce tout petit bâtiment et qu’avec qu’une poignée de main d’œuvre il puisse embouteillé plus de cent mille douzaines de bouteilles annuellement. Nous avons eu droit à une dégustation tout à fait exquise. Ça débute bien une fin de voyage.

En après-midi, nous nous sommes procuré des boîtes de vélo à une boutique spécialisée ainsi que quelques produits d’emballage à une quincaillerie pour la mise en boîte de nos vélos. Voilà une bonne chose de faite.

Évidemment, parce qu’il est difficile d’avoir une bonne nuit de sommeil d’un hôtel à l’autre, et bien, allant allégrement vers une des meilleures nuits, imaginer qu’est-ce qui me réveille cette fois-ci; l’alarme incendie. Cloche à tout rompre dans le corridor, j’appelle au front desk pour me faire dire de mettre mes pantoufles et sortir immédiatement dehors. Que dois-je faire, je n’ai pas de pantouffle? Anyway, du sixième étage, clopain, clopant je descends les escaliers pour m’apercevoir que les pompiers étaient déjà à la porte. Service efficace et sécuritaire au moins. Plus tôt en soirée, il y avait un bal d’ancien marin de la Deuxième Guerre affichant fièrement leurs médailles à leur veston, de les revoir en pleine nuit en pyjama et pantoufles (eux, ils en avaient) sans médailles, mais avec des cannes ou marchettes cette fois-ci, tout un contraste. Après une attente de 45 minutes, nous pouvions réintroduire nos chambres. Pas trop facile de se rendormir par la suite. Encore une autre nuit écourtée.

Samedi, nous avons profité du beau soleil pour de rendre au point le plus à l’est de l’Amérique du Nord situé à une quinzaine de km de la ville. J’y ai vu et appris en même temps que notre pays avait fait des fortifications lors de la Deuxième Guerre mondiale à cet endroit et un peu le long de la côte de Terre Neuve. Est-ce que les Allemands avaient l’intention de délogés les premiers découvreurs de cette terre en les Vikings?

Une dizaine de km plus loin, petite visite d’un village de pêcheur typique qu’il existe un peu partout le long des côtes de cette province selon les dires de Colette.

Sous un soleil radieux, j’ai marché le vieux St John’s en après-midi et y découvrir ces petits quartiers touristique, commerciaux, d’habitations colorées ainsi que la fameuse rue St-Georges ou tous les bars de la ville y sont alignés. Pas longue cette rue, mais bien remplie. Nous en avons profité pour terminer ce congé par une chopine de rousse avant d’aller déguster un bon steak at The Keg.

Jour 70, mission accomplie

9 septembre

C’est fait, plus de 8,179 km de route et de décors de toute sorte pour traverser ce grand et merveilleux pays qu’est le nôtre.

D’abord, bien heureux d’avoir terminé ce périple sans accident ou de blessure sérieuse. Ensuite, je suis très heureux de cet accomplissement. Pour le moment, je crois le vivre trop de l’intérieur et ne vois pas encore à sa juste valeur toute l’ampleur des efforts déployés. Chose certaine, satisfaction personnelle est comblée.

Merci entre autres à dame nature. Avoir quitté une semaine plutôt ou plus tard, le voyage n’aurait pas eu la même saveur. Il aurait été différent avec davantage de pluie, d’où les efforts demandés doivent alors être redoublés. Deux demi-journées de pluie plus celle à l’arrivée de Montréal dans tout le voyage. Depuis, zéro pluie pour traversée l’est du Canada. Pouvoir passer au travers de la tempête Earl au sec, c’est quand même jouer de chance. Que quelques heures après mon entrée à St John’s, la pluie a débuter. Dame nature m’a protéger semble t’il. Quoi qu’il en soi, il a été profitable de mettre les bouchées doubles en distance et en effort depuis le départ de Québec il y a deux semaines.

Dès mon arrivée dans le vieux St John’s, j’y ai vue un mini San Francisco avec ses maisons de toutes les couleurs réparties dans les rues côteuses et entremêlées.

Pour arriver au bout de la route # 1, une dernière montée de 14% nous attendait pour se rendre à Signal Hill ou notre chère Colette et Lucien nous y attendaient. Après quelques photos et encore un autre bon repas chaud au sommet de cette montagne surplombant la ville dans la roulotte, nous sommes redescendus à l’Hôtel de Ville pour une photo devant le kilomètre zéro ou Terry Fox avait débuté sa marche.

Pour moi, l’ultime limite de ce voyage est de mettre les pieds dans l’Atlantique. Ce geste s’imposait pour vraiment fermer la boucle. Pour ce faire, un autre 10 km vers l’extérieur de la ville pour atteindre la première plage, car il n’y a qu’escarpement avant ce point et autour de St John’s. Il y a 70 jours, j’avais les pieds dans le Pacifique. Citron que tout cela a passé vite.

Terminer maintenant le levé du corps à 6h00 pour être sur la pédale à 7h30. Terminer les crèmes de toute sorte pour lèvre, fessier et articulation. Adieu lypsil, zincofax, antiflogestine ou autres onguents pour un bon moment j’espère.

Autre point dont je suis vraiment fier est d’avoir réalisé ce trajet sans drogue et de façon toute propre. Plusieurs du groupe des mousquetaires m’ont tenaillé pour essayer que j’embarque dans leur mauvaise habitude de consommation, mais j’ai tenu le coup jusqu’à la fin. Même Guy dans les derniers jours a essayé en vain. Vraiment, je suis fier d’avoir fait ce voyage sans prendre une goutte de café.

Bien que ma selle fût été très inconfortable par moment, pour ne pas dire souffrante dans certaine fin de journée, il a été le siège idéal pour visiter ce pays. En contact permanent avec la nature, mes sens furent sollicités de façon constante. Plein de souvenirs me reviennent entête. Que ce soit les odeurs du cèdre de la Colombie venant chatouillé les narines, le froid caressant la peau le temps de passé au-dessus d’une rivière d’eau fraîche et blanchâtre provenant du haut des Rocheuses ou bien de la chaleur provenant du pavage chauffé à bloc par le soleil donnant la sensation d’être dans un fourneau, ou tout simplement pour admirer le décor avec toutes ses couleurs et formes à une vitesse permettant de savourer chaque moment. Émerveillé par les longues montés des Rocheuses, par les plaines à perte de vue des Prairies, des vallons et lacs à profusion de l’Ontario, du majestueux St-Laurent du Québec, des terres inconnues des Maritimes et de Terre Neuve, ma selle m’a procuré des moments inoubliables.

En plus de m’apporter un regard différent sur mon beau pays, j’y ai appris à connaître des gens fantastiques tout en apprenant sur moi-même. D’ailleurs, encore une fois, je me suis fait prendre au jeu de juger trop vite. Bien humblement, au début j’ai douté que certains ne puissent terminer ce voyage jusqu’à Montréal. Et bien ce sont eux qui m’ont le plus surpris, non pas par une force physique caché, mais par une persévérance et force de caractère inouïe. En plus, j’ai découvert en eux des gens chaleureux avec plein de bonté et de talents. J’y ai rencontré des gens patients et souriants comme les guides et encadreurs, des gens attachants, joviaux, positifs et également innovateurs. Je n’avais jamais pensé rouler avec une caméra attachée au casque.  J’ai même pensé que certains mousquetaires ne se rendraient pas au bout dû à leur consommation élevée de steak en canne. Voilà, je libère une pensée retenue trop longtemps. Qu’importe l’âge, on découvrira constamment sur soi.       

Pour les passionnés de statistique, cette traversée totalise un dénivelé de 49,209 mètres, plus de 1, 400,000 coups de pédale, une dizaine de tubes et trois changements de pneus ont été nécessaires ainsi que plusieurs litres de sueur fabriqué de toute pièce. Il ne reste qu’à guérir les bobos maintenant.

Un merci tout spécial pour Colette et Lucien qui ont été des accompagnateurs hors pair depuis Montréal. Vraiment, nous avons été choyés de toute part. Petit déjeuné et léger goûter pour le diner avec des 5 à 7 relevés, tout cela à la roulotte. Vraiment, le destin nous a mis sur le chemin de gens plus que généreux et d’une bonté hors du commun.

Jour 69, ça sent la fin

8 septembre

Voilà que depuis quelques jours et plus particulièrement aujourd’hui, mes pensées sont empreintes de sentiment totalement paradoxal. La nostalgie d’un si beau challenge qui se termine ou bien la hâte d’en finir au plus citron.

Je réalise maintenant l’ampleur de tous ces efforts développés jour après jour depuis dix semaines. Fierté personnelle est mon sentiment actuel le plus fort. Encore une autre leçon de vie. Avec rigueur et discipline associée à une motivation ou à un but, chacun peut réussir des exploits supérieurs à ses premières attentes.  

J’ai failli prendre le champ à cause des fameux vibreurs sur le long de la route. J’étais justement à me dire un moment plus tôt de la chance de ne pas avoir eu d’incident majeur durant ce périple. Toute une coïncidence. Il a peu de marge de manœuvre entre vibreurs et gravois. En pleine descente à plus de 50 km/heure, j’ai eu un moment d’inattention et me suis retrouvé à brassé de partout. Je croyais bien que le cadre ou les roues du vélo étaient pour voler en éclat. Réussissant à sortir de cette planche à laver, je me suis retrouvé dans le gravois. Pas évident non plus de s’en sortir à 55 km/hre. Ouf, je me suis fait une bonne peur. On retrouve ces vibreurs particulièrement ici à Terre-Neuve et en Ontario.

Encore une bonne soupe pour diner. En cette journée fraîche, Colette a pensé à nous une fois de plus. Souvent, la journée débute dans leur roulotte avec un beau petit déjeuner. Petit diné léger sans manquer de rien pour nous permettre de continuer notre journée avec énergie nous attend toujours vers le kilomètre 100. Et lors des grandes distances, nous avons droit à une collation en milieu d’après-midi. Vraiment nous sommes choyés et gâtés avec Colette et Lucien. En plus, aujourd’hui, ils nous ont trouvé un beau loyer au prix d’une chambre d’hôtel. Nous n’avons pas à faire de recherche, seulement prendre la clé pour sauter dans la douche.

Nous en avons profité pour souper ici, loin des restos. Guy a fait son cook d’un soir. Un bon spag maison en écoutant le US Open.

Jour 68, des côtes et du vent

7 septembre

Depuis que nous sommes dans cette province, il n’a pas arrêté de venter. Autant Éole nous avait avantagés jusqu’à hier, qu’aujourd’hui il nous a souffle de façon impétueuse des bourrasques à me faire défrisé. Par moment j’avais l’impression de frapper un mur ou de reculer même dans les descentes. Une journée arrache cœur, mais quand même bien content de l’avoir terminé au sec malgré les probabilités de pluie.

Plus qu’à deux jours de pédale pour terminer cette aventure. La fin approche et le goût d’en finir augmente réciproquement. Petit bobos de toutes sortes et en bonnes quantités ne demandent qu’un repos prolonger maintenant. Pas seulement les bobos, mais également le corps commence à faire ses ratés. Jour après jour, débutant la journée sur la selle à 7h30 et tenir un rythme cardiaque moyen dans les 115 pendant de nombreuses heures, voilà qu’après 10 semaines mon petit corps ne demande qu’à dormir partout. Je dois avouer que je n’avais prévu un épuisement si grand. À la fin de la première étape à Montréal, je me sentais vraiment bien mes depuis les deux dernières semaines, j’ai pris les bouchers doubles avec Guy et voilà que la fatigue me rattrape. Repos du corps s’impose maintenant. Je voue un énorme respect aux cyclistes gagnant leur vie de ce sport. Ce sont des machines.

Jour 67, barrière psychologique

6 septembre

Sur l’élan du premier 200 km en une journée réalisé la semaine dernière, voici que ce chiffre magique n’est plus une barrière psychologique. Pour ces deux derniers jours, un total de 444 km fut pédalé. De toutes les raisons d’hier, celle de ne pas terminer cette aventure à la pluie est la plus motivante pour le moment car il y a une bonne dépression qui s’annonce.   

L’activité de la ville de Gander, notre ville étape, a été créée en majeure partie par la construction d’une base aéronautique stratégique en 1935 et importante escale pour les vols transatlantiques. On se rappelle qu’elle a accueillie 39 vols commerciaux lors du 11 septembre 2001 suite au blocage aérien aux États Unis.