La traversée du Canada est un rêve que je concocte depuis maintenant quatre ans. À compter du 2 juillet, je vais entamer ce défi en vélo. Près de 8000 km d’un océan à l’autre, soit la plus grande distance en vélo au monde dans un même pays.
Avec trois autres maniaques de vélo, nous avons débuté l’étude de la logistique et organisation d’un tel voyage à l’automne 2008. Quelques mois plus tard, nous apprenions que Vélo Québec était à planifier un tel voyage pour l’année 2010. Une première chez cette organisation très professionnelle. Ayant déjà roulé avec eux à six occasions au travers des plus beaux cols de l’Europe, nous avons donc opté pour la valeur sûre et décidé de réaliser cette aventure avec cette même organisation.
Je me fais un devoir auprès de tous ceux qui se sont ralliés à ma cause du Parkinson de vous tenir informé avant et durant ce périple.
Jour 25, grand plat
Sur un parcours de 108 km, mon compteur ne m’a donné qu’un dénivelé de 66 mètres. Aucun vallon et encore moins de collines, c’est le plat total. Voilà ce qui explique le débordement fréquent de la Red River en plein cœur de Winnipeg. Lors de déluge, l’eau ne sait ou se jeter alors tout déborde.
Chanceux d’être sur une route quasi déserte, nous pouvions rouler sans problème avec le mode V (comme une volée d’oiseau) pour contraindre le vent latéral venant du sud de 20 km/hre. Prenant la largeur complète de notre voie, nous avons pu sauver passablement d’énergie en nous relayant chacun notre tour en tête de la formation.
À chaque jour de congé, la consigne est de remettre sa mécanique à l’ordre. Puisque l’arrivée fut tôt, la plupart ont opté pour se débarrasser ce cette tâche après une bouchée.
Jour 24, encore trop tôt
De nature matinale, j’ai débuté la journée sur la selle à 7h45. Puisqu’encore une fois, les points d’intérêt en route son quasi inexistant, avec Yves et Guy, nous sommes arrivés les premiers au diner au km 92 à 11h00. Éric a encore une fois trouvé un endroit coquet pour nous servir une nouvelle recette de couscous exquise.
Distance restante pour la journée, 40 km. Ceci signifie que nous sommes arrivées à 13h00 et encore une fois trop tôt, car les chambres ne sont généralement prêtent qu’à trois heures dans la majorité des cas.
Durant une pose à la croisée d’un chemin de fer, Yves nous a fait part de certaines pratiques d’entretien de chemin de fer. Il a travaillé dans ce domaine durant cinq étés pendant ses études et encore aujourd’hui, il nous en parlait avec passion. Ce fut un moment de vie qui l’a sûrement marqué de façon positive.
Jour 23, journée type
Pour chaque jour, nous avons une feuille de route ainsi qu’une mappe pour nous rendre à la destination. Si quelqu’un se perd avec ces informations, qu’il retourne en classe. Comme pour le reste de l’organisation de Vélo Québec, nous ne sommes jamais laissés à nous même.
Après déjeuner, dents et application de crème solaire, j’apporte mes bagages au camion.
Vérification d’usage sur le vélo pour éviter problème en route dont bien sûr la pression des pneus. Étirements à profusion s’imposent pour éviter raideur de fin de journées. Gourdes pleines et provision de barres tendres, nous quittons. Personne n’est obligé à attendre auprès de quiconque, donc à chacun son heure de départ. Ce matin j’ai quitté à 7h45 avec Yves et Guy pour un parcours de 150 km. Autonomie est la formule gagnante de Vélo Québec.
Les premiers kilomètres sont toujours lentement, question de dérouiller la machine. Une fois en route, je garde l’œil averti pour quelques photos.
Bien sûr, si ce n’est pas un du groupe, nous avons quasiment toujours une ou des crevaisons à réparer en route. Provision de chambre à air et de bonbonne de CO2 sont nécessaire. La plupart en traînent deux rechanges sur son vélo.
À chaque 40 à 50 km, nous arrêtons pour une pose de 5 à 10 minutes, le temps de manger une barre et se dégourdir l’arrière-train.
Aujourd’hui, le diner est au km 95. Éric nous attend toujours avec ses salades surprises. À chaque diner il a une recette nouvelle à nous faire goûter. Salade aux patates avec betterave est ma préférée. Ses mets sont toujours réussis et exquis que j’agrémente avec fromage, œuf à la coque, etc. Il ne manque jamais de rien. Le gros avantage de cette formule est que nous mangeons plus qu’à notre faim et que nous n’avons pas à attendre, soit pour faire une commande ou de payer. La plupart du temps, je suis de retour sur les pédales après 40 minutes. Attention de ne pas trop manger, les jambes deviennent lourdes pour les premiers kilomètres. Réserve de biscuits aux figues pour collation et je repars.
Parce que je fais souvent partie du peloton de tête, j’arrive la plupart du temps avant le camion de Pierre. Dès son arrivée, nous lui donnons un coup de main pour vider son camion et ranger les bagages dans un lieu désigné. C’est l’endroit ou les autres cyclistes vont s’enquérir de leurs bagages.
Le temps de servir les derniers au diner, Éric peut parfois quitter son lieu à 14h30. Il est souvent attendu avec impatience des premiers arrivées au motel pour le happy hour. Une bière sale (avant la douche) est souvent fort appréciée. J’en profite pour faire plus amples connaissances avec d’autres et faire les étirements de fin de journée.
Quelques un se donnent rendez-vous pour aller souper en ville et de retour à la chambre, c’est la préparation pour le lendemain. Préparation des cartes et parcours.
Dodo bien mérité vers 22h00 pour se lever à 6h00.
Jour 22, 195 km
Bien que mes standards en tant que cycliste ne soient pas élevés, mes records sont faits pour être battus. Depuis le début de ce voyage, je m’amuse a en repoussé quelques un. La plus longue distance réalisée en une semaine, la moyenne de vitesse la plus élevée pour une journée, la pointe de vitesse la plus élevée en descente, etc. Aujourd’hui fut ma plus grande distance parcourue en une seule journée soit 195 km en 6h50. Heureux de mettre les pieds au sol pour dégourdir l’arrière-train qui ne demandait qu’à arrêter le supplice.
Sachant que nous avions une grosse journée à faire (que de 23 heures car changement de fuseau horaire à la frontière du Manitoba), nous sommes embarqués sur les pédales à 7h15.
Ce qui m’impressionne le plus après 22 jours de vélo, est de terminer les journées, quel qu’elles soient, sans être à terre. Aussitôt le parcours compléter, la forme revient vite. Évidemment, après un ou deux steaks en canne (bière), l’énergie refait surface rapidement. Je ne perçois aucune sensation d’être abattu après de long parcours. Heureux d’arrivée, mais pas exténué.
Nul doute que mon programme de mise en forme et sacrifice d’entraînement des six premiers mois de l’année porte fruit de façon étonnante. Autre leçon de la vie, ‘’Avec une bonne préparation, tout est réalisable, qu’importe le défi’’.
Jour 21, Régina
Entre deux étapes, ce fut la première fois que nous avons traversé un point intéressant sur notre route. Régina, fondé en 1882 est la capitale de la Saskatchewan avec ses 200,000 habitants est une ville propre, invitante et qui semble dynamique par la quantité de construction en cours. La piste cyclable traversant la ville nous a fait découvrir de beaux décors tout le long de la rivière. Cette ville est née de la décision de Canadien Pacific Railway qui a décidé de passé sa ligne de chemin de fer reliant l’ouest.
Autre première fois aujourd’hui, j’ai pu enfin débuter ma journée en jersey, sans manche ou sans coupe-vent. Ça fait du bien roulé léger.
Rien de spécial sur le parcours, sauf qu’au départ de Moose Jaw, nous avons croisé la plus grosse usine d’engrais a base d’azote en Amérique.
Encore une fois, ce fut payant de quitter tôt pour arriver tôt à destination. Nous avons pu nous sauver de quelques orages en chemin.
Fort Qu’appelle qui est situé à 45 km à l’Est de Régina fut fondé en 1852 par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour y établir un poste de traite de fourrures. Aujourd’hui, cet endroit est un minuscule village.
Jour 20, journée repos # 3
Nettoyage du vélo et lavage du linge étant fait hier (autre avantage d’arrivée tôt), j’ai profité de l’avant-midi pour remettre l’ensemble des photos sur le blog en résolution réduite, ce qui aidera grandement le visionnement.
Tous les membres du groupe ont signé une pensée sur les boites de vélo de Gilles et Francine avant de les faire livré à Québec par Autobus. Nous sommes dorénavant 33 cyclistes puisque Nycole doit nous quitter pour d’autre obligation chez elles laissant son mari Bernard avec nous.
Avec les gars, nous avons marché plusieurs km pour atteindre le centre-ville de Moose Jaw. Petite localité de 37,000 habitants en plein cœur des plaines, le seul historique qu’il y existe est la venue du chemin de fer en 1892 qui a amené sont lot de Chinois. Ces derniers habitaient dans les tunnels souterrains de la ville permettant au réseau de tuyauterie de vapeur à alimenter les bâtiments. Manque d’argent et protection du grand froid hivernal en étaient la raison. Plus tard, puisque le train avait une connexion de Chicago, Al Capone y avait choisi cet endroit pour venir s’y cacher et faire son alambic en se servant de ses mêmes tunnels et profiter de la main-d’œuvre chinoise à peu de frais. Ceux qui ont vue le film ‘’Les intouchables’’ avec Kevin Costner en Elliot Ness et son équipe se souviendrons de la saga à la frontière des États-Unis et du Canada lorsqu’ils ont attrapé le comptable avec tous ses documents permettant d’amasser des preuves supplémentaires contrer Al Capone. Outre ces faits historiques, cette ville demeure a un grand centre de triage de chemin de fer, that’s it.
Jour 19, exhaussé
Pourquoi l’être humain a t’il tendance à voir le pire des scénarios lorsqu’il semble avoir une embûche devant lui, qu’importe la situation.
Hier soir, la plupart avaient une grande appréhension face à la météo d’aujourd’hui. Un total de 15 mm de la pluie entre Swift Current et Moose Jaw était annoncé. Même avec de bons vêtements, l’idée de rouler 172 km sous une pluie torrentielle ne me plaisait guère malgré le fait que tôt ou tard cela peut survenir. Bien chanceux de traverser le Canada sans une journée complète de pluie se réalise.
Ce matin, la météo nous a exhaussés pour nous offrir une journée sans pluie, nuageux pour débuter, ensoleillée en après-midi et comme boni, un vent de dos de 15 km/hre. Pour la même distance qu’hier, les cinq mousquetaires, avons roulés une heure de moins. Ça fait du bien aux fesses. Ce fut fort agréable de rouler avec une vitesse moyenne de plus de 35 km sur une si grande distance. Nous avons une bonne symbiose ensemble et chacun prend son relai à l’avant pour laisser les autres récupérer à l’arrière. Ce fut une journée exceptionnelle avec un pavage parfait comme un nouveau prélart.
La météo semble être aussi difficile à prévoir dans les prairies qu’au Québec. Par contre, ces grandes plaines sont un grand terrain de prédilection pour les chasseurs de tornade. À chaque jour, la météo nous en annonce et sur la route nous pouvons apercevoir au loin des cellules de pluie et comme les jours derniers, nous devons faire face à des orages isolés avec tonnerre et éclair.
Encore une fois, pas beaucoup à voir en chemin. Pratiquement aucune habitation entre les villes éloignées l’une de l’autre. À l’exception de quelques troupeaux de bétails, c’est le désert.
Jour 18, direction Est
Puisqu’il n’y a rien à découvrir comme site ou intérêt touristiques entre les villes étapes de certaines journées, le mot d’ordre pour certain, dont moi le premier, est de roulé direction Est sans perdre de temps. Ceci est particulièrement vrai pour une journée comme aujourd’hui puisque la pluie a débuté 60 minutes après notre arrivée à 14h45 d’un parcours de 175 km. Ce n’est plus la course contre la montre, mais contre la pluie.
Nous avons un bien grand pays et je crois que les points d’intérêts sur notre route seront limités, ce qui signifie que les arrêts routiers autres que photo seront plutôt rares.
Jour 17, malheur
Qu’importe la pluie de ce matin, qu’importe les 150 km avec vent de face, qu’importe les multiples crevaisons et autres problèmes, l’ensemble du groupe est en deuil pour Gilles qui par une inattention, s’est fracturé un doigt en vélo ce matin. Nous avons appris en fin de journée qu’il est demeuré à Medecine Hat pour se faire opérer demain. On s’imagine tous la grande déception pour lui et son épouse Francine de ne pas pouvoir terminer ce voyage après tant de préparation et sacrifice d’entrainement.
Nous lui souhaitons tous, une prompte guérison.
Jour 16, les plaines
À perte de vue nous roulons dans les plaines. À chaque fois que nous arrivons sur le sommet d’une légère colline de quelques mètres, nous découvrons encore une route rectiligne de plusieurs kilomètres. De colline en colline, la route demeure droite comme une flèche.
Bien qu’il y est des terres qui semblent être à l’infini, j’ai remarqué que le centre et les côtés d’autoroute sont cultivés. Une fois coupées, les billes sont déposées au centre des voies. En Alberta, ont y cultive du foin pour le bovin et plus tard en Saskatchewan, ce sera des céréales pour les humains.
J’ai remarqué qu’il est difficile de visionner mes photos sur mon blog. On m’a donné un truc pour redimensionner mes photos, donc à compter d’aujourd’hui, le visionnement des photos devrait être beaucoup plus facile.

