Jour 55, journée repos # 8

25 août

Probablement la dernière journée de repos jusqu’à l’Atlantique. Selon la température et condition physique, nous devrions filer sans arrêt pour le restant du parcours. À la limite, il y aura quelques journées plus courtes pour remise en état de la mécanique du vélo et évidemment faire un peut de laundromat. Pas trop l’fun de se retremper les fesses dans de la vielle sueur, donc vaut mieux laver avant d’avoir des rougeurs.

Ça fait du bien d’arrêter à la maison, chanceux de demeurer le long de la transcanadienne.

Un ÉNORME merci à Steven, Sarah et son copain Keven qui ont fait une réussite du ‘’show bénéfice Parkinson’’ qu’ils ont organisé et qui s’est tenu hier soir. Plus de 1,100.00$ furent amassés. Merci au band de musique qui a joué gratuitement. J’ai été touché par la quantité d’amis que ces trois ont pu rejoindre et rallié à cette cause. Personne n’était indifférent et n’agissait avec respect tout en s’amusant. Quoi qu’on en dise, on a une belle jeunesse et une belle relève.

Merci à tous les participants et collaborateurs de prêt ou de loin pour la réussite de cette soirée.

Premier changement de pneu avant depuis le départ avec plus de 5,858 km de rouler.

Jour 54, welcome home

24 août

Après une enthousiaste entrée à Montréal, voici que nous avons eu droit à une entrée chaleureuse de la famille et amis à la maison. C’est geste de reconnaissance sont très appréciés et flatteurs. Vraiment, nous sommes gâtés. Copieux repas en compagnie de proches amis, nous avons eu l’honneur d’un fantastique gâteau avec mappe du Canada confectionné par notre cher pâtissier Jean Roberge. Encore une fois une réussite de sa part; attention aux bourrelets.

Ne désirant que me coucher tôt, je n’ai pu dire non à l’invitation de Sarah qui avait préparé une surprise avec son copain Keven et mon grand garçon Steven. Prenant mon courage à deux mains, je me suis laissé conduire pour me retrouver en plein cœur de soirée au bar « le shack » à Ste-Foy. À vue d’œil rapides, plus de 200 personnes nous attendaient Guy et moi. D’abord surpris et ensuite captivé par l’énergie qui nous était transmise, j’ai vite compris que les gens furent assemblés pour nous appuyer à continuer dans cette traversée et avaient pour but d’amasser des fonds pour le Parkinson. Plusieurs commanditaires à ce jour sont revenus m’encourager ainsi que famille venant de loin, amis, diverses connaissances, la gang du bureau et le très grand groupe d’amis des organisateurs. Même Francesca Cichetti, chercheuse en chef pour la maladie du Parkinson à Québec est venu nous rencontrer. Tous sont venus appuyer la cause du Parkinson, le tout agrémenté par un band. Dur pour les oreilles, mais à force de crier, on réussissait à s’entendre. Quelle belle initiative de ces trois beaux jeunes adultes en Sarah, Keven et Steven. Merci à vous trois pour vos efforts et nombreuses heures de travail.

Jour 53, que deux maintenant

23 août

Tout à coup, Guy et moi, nous nous retrouvons seuls cyclistes jusqu’à Terre-Neuve. La dynamique sur la route sera vraiment différente maintenant. Ne plus roulé avec les mousquetaires ou autres du groupe me fait curieux. Seul sur la route à ne plus dépassé les plus lents ou se faire dépasser par les plus rapides donne une dimension de vide tout à coup.

C’est ma journée la plus longue de tout le voyage jusqu’à maintenant. Sur la selle 8h11 durant pour un 180 km. Longue sortie de ville de Montréal, vent de face de 20 à 25 km, jambe lourde expliquent cette longue journée. Guy étant le plus fort aujourd’hui, je me suis placé dans le salon à me faire tirer. Parfois le cœur sur le bord des lèvres prêt à vomir, je me suis dit que ceux qui ont le plus grand mérite de cette traversée sont ceux qui jour après jour, ont terminé 2 à 3 heures plus tard que nous, les plus rapides. Ceci fait une énorme différence sur les fesses après une semaine ou le voyage au complet. Bravo et félicitations à eux dont quelques noms me viennent en tête.

Colette et Lucien, nos nouveaux accompagnateurs, se disent privilégié de partager cette aventure avec nous. D’un commun accord avec Guy, je dirais plutôt l’inverse, c’est nous qui sommes privilégiés d’avoir eu la chance des avoirs comme accompagnateurs. Déjà présent lors de notre arrivée à Montréal, je me sens entre bonnes mains, très bonnes mains. Même certains des mousquetaires qui leurs ont parlé, nous ont mentionné combien chanceux sommes nous d’avoir fait la rencontre de bonnes gens. J’en suis moi-même convaincu. Pierre et Éric n’ont qu’à bien se tenir, le standard risque de s’élever.

Jour 52, fin d’une première étape

22 août

Il me semble que nous venons de quitter Vancouver et nous voilà déjà à Montréal à nous dire au revoir. Pendant que c’est la fin du voyage pour le groupe, c’est la fin d’une première étape pour Guy et moi. D’un seul coup, nous nous retrouvons seuls, sans groupe et sans nos compagnons mousquetaires jusqu’à St-Jean, Terre-Neuve.

Ironie du sort; alors qu’il a fait beau pratiquement tout le voyage, nous avons roulé cette dernière journée sous une pluie fine le trajet durant. Ce fut une première en tant que journée humide complète.

Après avoir débuté la journée avec deux crevaisons et fait quelques détours du à une mauvaise lecture de carte (pas facile d’entrée à Montréal, même en vélo), je croyais bien arrivée dans les derniers. Ce fut le contraire, puisque pluie = crevaisons, plusieurs ont eu les mêmes ennuis.

Quelle entrée formidable. Dès notre approche de la maison des cyclistes sur la rue Rachel, Guy et moi entendions des applaudissements s’intensifier. D’au loin, nous apercevions beaucoup de gens pour finalement nous rendre compte que la famille de nous deux y était présente en plus d’amis et connaissances multiples s’étant déplacé pour notre arrivée. Jules César sur son vélo, voilà l’impression que j’ai eus. Chaire de poule et émotion de voir tous ces visages connus s’être déplacés pour venir à notre rencontre. Énumérez les noms serait trop long, merci à vous tous. Étonné d’avoir eu des félicitations de gens inconnus qui suivent mon blog et qui mon encouragé à continuer. Je ne savais pas que je pouvais intéresser tant de gens avec mes histoires quotidiennes, mais cela motive à continuer.  

L’arrivée des autres participants s’est prolongée sur deux heures et chacun a eu droit au même applaudissement chaleureux. Bravo à l’organisation de vélo Québec, qui encore une fois n’as rien laissé au hasard et qui as su nous réserver un accueil magique, inattendu, enthousiaste et triomphal. Remise de diplôme, photos de groupe, tout a été pensé. Ces ma septième expérience avec Vélo Québec, et une fois de plus ils ont su être à la hauteur de mes attentes et même plus. Même Ariana, la guide que j’ai eu la chance d’avoir dans le voyage des Dolomites ainsi que celui de Montréal-Boston, s’est déplacée pour venir nous féliciter. Que de belles surprises tout au long de cette après-midi. Merci à la famille, amis et connaissances.

Journalistes et caméraman étaient également présents. Il y a eu un reportage le soir même aux nouvelles de Radio Canada ainsi qu’un papier au journal 24 heures dont voici le lien avec une douzaine de photos. http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/actualites/archives/2010/08/20100822-193221.html

C’est encore avec un pincement au cœur que j’ai fait mes au revoir au membre du groupe. Que de souvenirs à insérer dans un album maintenant.

À l’aube de la deuxième étape jusqu’à Terre-Neuve, Lucien et Colette Martel sont venus à notre rencontre. Déjà, je sens que nous ne serons jamais laissés à nous même et aurons un back up en tout temps si problème majeur. Nous allons rouler l’esprit tranquille.

Jour 51, témoignages aux guides

21 août

Pour ce dernier repas communautaire, Yves et Guy ont pris les choses en main et pas à moitié. Depuis quelques jours, ces deux ont passé plusieurs heures et même à manger seul dans la chambre pour monter une programmation de soirée d’adieu, mais particulièrement pour rendre hommage à nos merveilleux guides et encadreurs. Plusieurs anecdotes et événements s’étant produits durant le voyage ont été identifiés de façon humoristique et au grand plaisir de tous. Témoignages envers encadreurs et guides furent mentionnés de belle façon, de bon goût et vraiment dite avec de belles intentions. Témoignage qui m’a touché personnellement est celui de Lison qui nous disait un gros merci pour l’acceptation au sein du groupe qu’elle a ressenti dès la première semaine même si elle se sentait à part du à son calibre. Malgré qu’elle arrivait souvent la dernière, tous lui faisaient des félicitations à chaque fin de journée et lui donner un high five ce qui l’encourageait à continuer le lendemain. Personne n’a été hautain avec elle, ce qu’elle a apprécié au plus haut point.

Yves et Guy ont terminé cette soirée de reconnaissance avec des paroles représentant le voyage sur l’air d’une chanson de Charles Aznavour. Nul n’a été étonné, car nous avons entendu ces deux fredonner des airs de toutes sortes de chansons tout le long du voyage. À chaque fois qu’une parole ou situation se produisait, lorsque ce n’était pas Yves, c’était Guy qui trouvait un air approprié. Ce fut fantastique d’avoir vécu ce voyage en chanson avec ces deux troubadours.    

Nous avons été 34 à faire ce voyage et il y a eu 34 voyages différents qui ont eu lieu, chacun avec ses propres yeux et avec sa propre vision. Fantastique soirée. C’est avec un pincement au cœur que je quitte cette famille de 52 jours. Mes voyages de vélo en Europe n’étaient que de 15 jours, mais celui-ci d’une durée de sept semaines m’a permis de connaître les gens sur un autre jour. Personnellement, je trouvais qu’au début du voyage nous étions un groupe tellement hétérogène, autant en expérience sur le vélo que types d’individus que je me demandais bien comment nous allons réaliser ce voyage tous ensemble. Je dois avouer que  j’ai fait de belles rencontres et découvertes de gens fantastiques tout en consolidant mes liens avec les mousquetaires. Quelle belle expérience avec ce groupe merveilleux et complémentaires finalement.

Merci à Michel Royer avec qui j’ai réalisé le trajet Montréal-Boston qui s’est déplacé de Gatineau pour venir me rencontrer.  

Jour 50, visites inusitées

20 août

Deux autres belles surprises aujourd’hui. D’abord, Réjean Roy accompagné de son épouse est venu de Québec pour venir rencontrer son cher cousin Guy. Le connaissant bien moi-même, j’ai été surpris de le voir sur le bord de la route à attendre notre passage. Quelle rencontre inusitée. Lui-même grand sportif tout en étant un cycliste accompli, a grandement encouragé Guy à la continuité de ce périple et de ses bienfaits. Bien sûr qu’il aurait bien aimé être des nôtres pour vivre cette expérience sportive et sociale. Avec Réjean ont ne s’ennuie jamais avec son sens de l’humour bien aiguisé. Autre rencontre inattendue à mon arrivée à l’hôtel. Ma chère sœur Lise m’y attendait avec ses deux belles grandes filles. De passage dans la région elle a pris de son temps pour venir rencontrer son beau grand frère, que c’est mignon de sa part que j’aie fort apprécié. En cinq jours j’aurai rencontré tout l’ensemble de ma famille, parents,  frère et sœurs. Que je suis gâté.

Étant le dernier souper libre avant notre entrée à Montréal, les mousquetaires en ont profité pour célébrer cette aventure qui n’est plus qu’à 48 heures de la fin. Seuls Guy et moi allons continuer jusqu’à Terre Neuve et sommes bien peinés de nous séparer d’eux, par contre leurs épouses en seront bien sûr réjouies. Encore la loi de l’équilibre. Nous avons discuté d’événements cocasses ainsi que du bilan de ce voyage. Que de rires encore une fois.

Ce qui m’épate de ce genre de voyage, ce sont les liens qui peuvent se tisser entre individus. Bien que nous nous connaissions déjà, cette aventure a davantage resserré les liens existants de camaraderie qui vont demeurer à jamais pour ma part.

Jour 49, calories

19 août

Je ne me souviens vraiment pas d’avoir ingurgité tant de calories sur une période si longue. Depuis 49 jours j’ai l’impression que l’estomac fonctionne autant que les jambes. Ma plus grande crainte de ce voyage était de perdre du poids supplémentaire au 10 lbs suite au préparatif intensif pour ce voyage. Maintenant, je crains l’inverse, soit de prendre du poids. Bois avant d’avoir soif et manger avant d’avoir faim que mon contact professionnel me disait. Je n’ai pas encore calculé le nombre de coups de pédale à ce jour, mais le système digestif est autant sollicité que les jambes. Chose sûre, aussitôt terminée, je devrai changer mes habitudes alimentaires de façon draconienne.

Depuis quelques journées, je roule dans des routes de campagne sans trafic, ce qui est énormément relaxe à comparer au poids lourd qui nous frottait les coudes. Quel bel avant-midi; route sinueuse, tranquille avec un beau pavage. Le grand luxe pour cycliste. Plus tard, j’ai traversé au sud de la 401, ce qui signifie que les bosses sont vraiment terminés. Vraiment, le grand plat a débuté aujourd’hui.

De voyage en voyage, nous avons établi un rituel pour les guides de Vélo Québec. Après plusieurs voyages ensemble et de façon naturelle avec Yves, Guy et Gilles, nous avons pris l’habitude de prendre l’initiative d’animée le dernier repas communautaire pour mentionnée notre gratitude envers les guides qui font une excellente job ainsi que la remise de la collecte de pourboire que nous avons fait auprès du groupe de cycliste. Hier soir, Guy et Yves ont préparé leurs scénarios pour samedi à Cornwall, dernière journée avant notre entrée à Montréal.

Jour 48, le deuxième grand plat

18 août

Après les prairies, voici le deuxième grand et long plat de ce pays qui débute. Fini les côtes ou dénivelés plus ou moins importants jusqu’à Mont-Joli tout en longeant la vallée du St-Laurent. À l’exception des Rocheuses, je constate que notre pays est relativement plat. À titre de comparaison, depuis Vancouver j’ai totalisé un dénivelé de plus de 29,000 mètres, et ce, en 40 jours alors que la traversée de Alpes Françaises m’avait fait grimper plus de 25,000 mètres en seulement 11 jours. Le défi de cette traversée est beaucoup plus une question d’endurance que de puissance due à une répétition de km jour après jour.

Fait inusité, il n’existe que deux écluses ascenseur en Amérique du Nord et les ais tout deux croisées dans la même journée.

Avant notre diner au km 72, plusieurs du groupe se sont réjouies d’être pourchassées par une photographe en voiture. En fait, il s’agissait de ma chère sœur Hélène qui, tôt ce matin, nous attendait sur la piste cyclable à la sortie de la ville alors que nous ne roulons que sur la route. Ayant manqué sa chance de nous prendre en action, elle a sauté dans son auto pour nous suivre sur la route et de vivre l’expérience d’un diner en dégustant la cuisine d’Éric. Ce fut fort apprécié de tous, moi le premier de la revoir une autre fois. Vraiment sœurette se dévoue pour son grand frère, merci Hélène pour tous durant ces derniers jours.

Jour 47, la une du journal

17 août

Avec la famille, en cette septième journée de repos, j’ai eu l’occasion de visiter les plus beaux atouts de ville d’Orillia ayant comme guide privé ma chère sœur Hélène. Pour la majorité, c’était la première fois que nous pouvions admirer cette belle petite ville dont la population augmente de 50% durant la période estivale due aux nombreuses résidences secondaires prêts des lacs environnants. En guise du cinquantième anniversaire du festival de guitare, les trottoirs de la rue principale étaient parsemés de guitares décorées au goût de différents artistes local. Ceci donnait une autre dimension à une rue déjà bien active et colorée.

Autre surprise ce matin. En feuilletant le quotidien, j’ai été étonné de me voir à la une du journal en plus d’y lire un très bel article. La journaliste a fait un très beau portrait du pourquoi de cette aventure ainsi que sa relation avec la cause du Parkinson. Bien content qu’elle ait mis également Vélo Québec en perspective. Vraiment, je ne m’attendais pas à un si beau papier. J’espère que cela pourra donner un nouvel élan à ma campagne de financement.

Jour 46, quelle belle surprise

16 août

Tel que convenu avec ma sœur Hélène qui habite Orillia, je devais entrer en contact avec elle aussitôt arriver. Que de surprises en cette fin de parcours. D’abord, en arrivant à l’hôtel je n’ai non seulement été accueilli par ma sœur Hélène, mais également par mes parents accompagnés de Yves mon frère et de ses deux belles filles. Ce n’est pas tout, une fois à la maison, Christine ma petite sœur ainsi que mon beau grand fiston Steven m’y attendaient pour une autre surprise plus qu’inattendue.

De plus, ma chère Hélène qui ne fait rien à moitié a contacté le quotidien de la place ainsi que la société du Parkinson de la région d’Orillia. Une journaliste (qui a fait tourner les yeux à Alain) est venue me questionner à propos de la traversée du Canada, des raisons de faire une telle aventure et d’associer ce périple à la cause du Parkinson. Photo de groupe s’imposait. Plusieurs du groupe sont déjà impatients de lire le journal de demain. Celle représentant la société du Parkinson, m’a à son tour bombardé de ses questions que j’ai pu répondre avec mon anglais de base, mais aider d’Alain. Que d’émotion en cette fin d’étape. Il y avait longtemps que je n’avais pas vu toute la famille réunie. Autour de la bonne table, cela m’a fait penser au temps des fêtes. Que des rires.